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Thématique générale

L’accident nucléaire de 2011, qui s’est inscrit dans le cadre d’une triple catastrophe (séisme, tsunami et accident nucléaire), a marqué un tournant décisif tant par l’ampleur considérable de ses conséquences que par les modalités spécifiques de sa gestion. L’ampleur de la politique de décontamination (limitée aux zones agricoles et résidentielles) et la mise en œuvre d’une politique de reconstruction constituent une situation sans précédent dans le monde qui mérite une étude interdisciplinaire approfondie telle que celle proposée par le Mitate Lab.

Une quantité importante de radionucléides a été rejetée dans l’environnement, générant un panache de pollution radioactive spatialement hétérogène. Comprendre la dispersion et la redistribution de ces contaminants dans l’environnement (dans le sol, le réseau fluvial, les plantes, mais aussi les organismes vivants) est essentiel dans un contexte où la reconstruction a commencé dans des paysages où les forêts non décontaminées restent des sources potentielles et pérennes de radionucléides. Le développement de nouvelles méthodes de surveillance et de modèles permettant d’identifier les sources et d’anticiper ces transferts de contaminants est également fondamental.

La réhabilitation de l’ancienne zone évacuée implique également une analyse par les sciences humaines de l’environnement, au-delà des clivages disciplinaires, dans une région où le rapport à la nature constituait l’un des piliers de l’activité humaine et de l’organisation communautaire. Après l’étude du processus d’évacuation et de ses conséquences, la phase actuellement en cours est celle de la reconstruction. Cette reconstruction s’accompagne de la destruction de l’ancien tissu urbain et de la disparition de la culture inscrite dans les bâtiments historiques en cours de démolition. Au-delà de la disparition du patrimoine historique « classique », la démolition des lieux d’existence, ceux de la pratique quotidienne, doit également être évaluée. L’analyse de ces territoires en matière de transition environnementale, sociale, urbaine, économique et énergétique, où l’utilisation des sols a subi une transformation significative, est menée en parallèle avec celle de la perception des résidents et des populations réfugiées.

Outre cet accent mis sur l’étude des conséquences de l’accident de Fukushima, l’objectif du Mitate Lab est également de développer des recherches sur la compréhension et la gestion des crises socio-environnementales.

Axes de recherche

  • Transferts de radionucléides par l’érosion et les crues dans les bassins versants côtiers drainant le panache
  • Quantification des sources et de la dynamique des sédiments et du césium radioactif dans les lacs et les rivières
  • Impact de la décontamination sur les propriétés du sol (fertilité) et les transferts résiduels de radionucléides vers les cours d’eau
  • Impact de la décontamination sur les transferts de radionucléides des sols vers les plantes
  • Impact de la remise en culture des sols sur les transferts de radionucléides à l’échelle du paysage
  • Conséquences sociales du retour de la population après l’évacuation
  • Aspects juridiques de la gestion de la catastrophe
  • Zone d’évacuation et sa reconstruction
  • Politiques de relogement
  • Effets psychologiques de l’accident nucléaire

Projets de recherche

2026

Projet NEEDS Reborn-F (Protection du patrimoine bâti dans la politique de reconstruction dans la zone); porteuse: C. Asanuma-Brice

Projet NEEDS YAMAKAJI (L’impact des feux de forêt sur le devenir des radionucléides : retour d’expérience après les feux exceptionnels de 2025 au Japon); porteur: O. Evrard

Projet International ERAN I26-02 (Quantification de l’impact des incendies de forêt sur la redistribution des radionucléides provenant de Fukushima à la suite de l’incendie de forêt de 2025 à Ofunato, dans la région de Tohoku, au Japon); porteur: O. Evrard avec Y. Igarashi (Univ. de Tsukuba)

2025

NEw traCing appRoaches of the RadiOactive Sediment crisIS (NECROSIS); porteur: O. Evrard (financement EC2CO sur 3 ans, de 2025 à 2027)

Séjours de recherche financés par la JSPS

2026

Summer Programme JSPS 2026 – Benjamin Delvincourt (modélisation de l’érosion après les feux de forêt dans la région du Tohoku) et Ingrid Lykke (reconstruction de l’impact des feux de forêt dans la région du Tohoku à partir de l’analyse d’archives sédimentaires)

2025

JSPS StandardRenaldo Gastineau (2025-2027)- Étude des paléotsunamis à travers les archives sédimentaires du lac Obuchinuma (Préfecture d’Aomori)

Summer Programme JSPS 2025 – Iris Devaure – Gestion des risques d’incendie de forêt dans la région de Tohoku, au Japon : étude de cas sur l’incendie de Rifu (Sendai)